Feuilles mortes, jaunes sur le sol ; tapis d'or et d'espoir s'envole. Un dernier rayon de soleil, un dernier sourire. Restes de verdure, éclats déjà fanés, charivari de couleurs entrelacées. Une belle journée d'automne à s'évader par les rues. Les fenêtres semblent rire et les murs danser. Le flamboiement du ciel appelle à un dernier chant, un dernier hommage à la beauté. L'harmonie encourage au repos, à la paix du corps et de l'esprit. Appel à l'évasion, à la joie ; au silence bienheureux. L'automne saison de nostalgie et de regrets, saison d'adieux et de perles de larmes sous les sourires esquissés, d'ombres allongées et de nuages assombris. Saison douce-amère, d'une merveilleuse cruauté.
J'aimerais être personnage secondaire. J'aimerais dire l'histoire de Glorfindel, les folies de Clopin, l'enfance de Gringoire. N'est-ce pas, finalement, les personnages qui importent vraiment ? Sans eux, l'action serait impossible. Comme faire sans un Haldir comme guide, sans hôtesse pour conter ses récits, sans Madame Dutour pour haranguer un cocher ? Et le cocher lui-même ? Il y a plus d'intérêt dans les détails, le passé, les passions externes, que dans l'intrigue. J'aimerais maîtriser mon récit. J'aimerais maîtriser ces faits secondaires, et finalement parvenir à les mettre sur le même plan que ce qui est important. Pourquoi effacer l'observateur discret de la scène ?
Les corps musclés, bien proportionnés, qui tournent, dansent, virevoltent... Comment retenir son admiration ? Les gestes s'enchaînent avec précision et souplesse, sans hésitation, sans faux pas. Tant de puissance dans un seul corps, dans un être humain : une merveille de la nature. Comment ne pas en rester envieux ? Pourtant, il faut reconnaître sa défaite : certains sont interprètes et d'autres spectateurs. J'aime regarder les danseurs, mais j'aime encore plus le décrire. Peindre, dépeindre ses mouvements, ses gestes, cet élan de beauté éphémère... Je ne serai jamais danseuse. Mais je ferai en sorte qu'on oublie pas que j'ai vu danser.
Penser à lire Notre Dame de Paris. Il serait temps.
Aube. Beauté du ciel, laideur de la terre. La vérité révélée sous son jour le plus laid, le plus concret, le plus affreux. Le rêve, l'illusion, la beauté encore présents, qui flamboient en un dernier adieu avant de s'éclipser. Chacun retourne à sa vie, à son monde, à son quotidien banal et effroyable.